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Remaniement minstériel : un difficile challenge Remaniement minstériel : un difficile challenge

C’est le principal sujet de conversation des cotonois depuis plusieurs jours : la formation du nouveau gouvernement. La liste de la nouvelle équipe (la troisième du régime en place) a été publiée mercredi 22 Octobre au soir, mettant fin à plusieurs mois de suspens, de supputations et de conjectures. Mais pour un remaniement, c’en fut vraiment un. Le président béninois a fait le grand ménage autours de lui, se séparant de plus de la moitié de ses anciens collaborateurs (15 sur les 26 que comptait le gouvernement sortant). 19 nouvelles personnalités ont fait leur entrée, des entrées parfois fracassantes comme celle de Rékyath MADOUGOU, cette femme jeune, belle et intelligente, qui avait suscité l’admiration des béninois en prenant courageusement la tête de la lutte contre la révision de la constitution aux fins de maintenir Mathieu KEREKOU au pouvoir en 2006, mais qui s’est, depuis, ralliée au nouveau régime par des prises de position qui ont laissé perplexes certains de ses anciens admirateurs.

L’autre coup médiatique de ce nouveau gouvernement, c’est la nomination de trois figures de prou de l’opposition parlementaire que sont François ABIOLA nommé contre l’avis de son parti le MADEP, mais aussi les députés du G13 Léon AHOSSI et Valentin HOUDE. Mais coup de théâtre : les deux derniers ont publié jeudi matin une déclaration dans laquelle ils se sont émus de cette nomination à laquelle ils affirment s’être formellement opposés. Ancien ministre de Mathieu KEREKOU, Valentin HOUDE a ensuite été chargé de mission de l’actuel Chef d’Etat. Mais depuis bientôt deux ans, les deux hommes ne se parlent plus. De leur refus, la presse a fait vendredi matin ses choux gras. "Le Non de Valentin HOUDE et de Léon AHOSSI, Le président Boni YAYI n’est pas au bout de ses peine" a titré le quotidien Le confrère de la matinée. Mais les inquiétudes sont désormais levées. Boni YAYI a fait remplacer vendredi les deux rebelles par Etienne COSSI au Sport et Justin ADANMAÏ à l’environnement.

Mais en dehors des considérations politiques, c’est l’effectif du gouvernement qui alimente les conversations et les colonnes des journaux. Trente (30) ministres « dans un petit pays aux ressources limitées » commentera la radio nationale qui évoque les salaires des ministres, les primes et les indemnités de leurs cabinet… Une inflation qui surprend l’opinion à qui le gouvernement avait promis quelques mois plus tôt l’austérité dans son train de vie, pour faire face à la crise économique. Jeudi, sur la radio nationale, Victor TOPANOU le nouveau porte-parole du gouvernement, a banalisé cette inflation qui selon lui ne coûtera « pas grand-chose au contribuable », encore que dit-il, 30 c’est la moyenne des effectifs gouvernementaux dans la sous-région. Des arguments qui selon de nombreux éditorialistes ne convaincront pas les syndicats dont ils attendent une nouvelle vague de mouvements sociaux.




écrit par Bertrand
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